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Le temps des crises (2)

La crise de la modernité est conçue comme « phénomène social total » en analogie avec le modèle médical du moment décisif où le malade survit ou succombe.

Dès le XVIIIᵉ se développent les quatre grandes conceptions de la crise à travers lesquelles nous interprétons, gérons et instrumentalisons les crises jusqu’à ce jour.

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La discrimination des bien-pensants

Formuler des critiques à l’égard des politiques de santé semble devenu de plus en plus délicat. Aussi est-il devenu courant, en réaction aux remises en question de ces politiques, de voir apparaître les stéréotypes en vogue (baragouineurs, complotistes, extrémistes de droite, etc.) dans la presse ou dans les médias sociaux. En règle générale, ces clichés sont tout au plus censés pallier l’absence de véritable réflexion, plutôt que d’articuler des critiques informées.

Cependant, lorsqu’un hebdomadaire comme le WOXX, pionnier de la lutte contre la discrimination sexuelle et pour la reconnaissance des exclus, s’engage lui-même dans l’exclusion agressive de groupes étrangers imaginaires, une réflexion sur les mécanismes de discrimination s’impose.

Comment comprendre en effet, que les opposants à la discrimination pratiquent systématiquement la discrimination à leur tour ?

Et comment se fait-il que la lutte contre la discrimination du propre groupe passe inévitablement par la discrimination de groupes étrangers ?   (Lire la suite … )

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Le temps des crises (1)

Le début du XXIᵉ siècle a déjà entamé ou traversé un nombre étonnant de crises : une crise du terrorisme globalisé, des crises économiques, une crise écologique, des crises migratoires, des crises de la dette, et maintenant une crise sanitaire qui, probablement, ouvrira à une autre crise économique et une autre crise de la dette publique.

Toutefois l’usage inflationnaire du terme de « crise » aura également fait qu’il est difficile de savoir ce que signifie ou à quoi, plus précisément, se réfère la notion de « crise ». Une occasion, donc de reprendre le fil historique du concept de crise.   (Lire la suite … )

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Remarques sur les “faits” de la politique

Depuis le début de la pandémie, les discours politiques et médiatiques n’ont cessé d’affirmer que les lois et mesures anti-Covid « suivent la science ». Ainsi, la politique de santé et ce qui est fait en son nom serait régi par l’approche de la « politique fondée sur les preuves ».

Ces derniers mois, cependant, ces faits ont vacillé et changé. Certains de ces faits se sont également révélés faux. Ainsi, cette politique des faits paraît de plus en plus défectueuse et de moins en moins fondée sur les preuves dont elle se prétend. Malgré le caractère de plus en plus problématique de ses fondements, cette politique se poursuit sans aucun signe durable de ralentissement ou de changement de cap.

La question qui se pose alors est de savoir sur quoi repose une politique fondée sur des faits, quand ces faits viennent à changer ou à disparaître ?

Que ce soit sous la forme de faits scientifiques, rendus de plus en plus ingérables et opaques par l’explosion d’études, ou sous la forme de simples inventaires statistiques d’infections, de besoins en soins intensifs ou de décès : les politiques sanitaires semblent de plus en plus réduites à une logique immanente et fondées sur des procédures décisionnelles inintelligibles qui, grâce à un recours subtil à des contrats privés et au secret des affaires, contribuent surtout au bénéfice d’une gouvernance entrepreneuriale de l’État.   (Lire la suite … )

Billets

Cent et demi : un bilan

Depuis la mise en ligne du Blog en janvier 2019, voici donc le 100ᵉ billet. 100ᵉ et demi, pour être précis.

Temps de marquer une petite pause pour une relecture de « Malaise dans la culture » (ou dans la « civilisation », comme l’aura faussement traduit une certaine tradition) ; l’un des textes les plus sombres, les plus étonnants, mais aussi des plus personnels et des plus politiques de Freud.

Quelques réflexions donc sur la vie, la mort, l’amour, la destruction, la souffrance et quelques autres questions actuelles et inactuelles.   (Lire la suite … )

Hygiène
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L’odeur du virus

Le virus a-t-il une odeur ? Bien sûr que non, répondra le bien-pensant. Et pourtant, lit-on, il existerait des chiens qui renifleraient les malades du Covid mieux que tout test chimique.

L’odeur du virus, c’est donc l’odeur du malade et l’effluve de la mort. Par le biais des innombrables discussions et débats sur les modes de contagion et les répartitions d’aérosols, par le biais des mesures de distanciation et de l’obligation du port de masque, c’est tout l’imaginaire de la peste, du choléra et des pires épidémies de l’histoire du monde qui est réactivé par la propagande politique et médiatique.

Il semble opportun, dès lors, de revisiter notre pandémie sous l’angle de l’odeur de la maladie et de l’air pestilentiel dans notre imaginaire social.   (Lire la suite … )

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Les petits arrangements d’un grand dépistage

Dans la compétition internationale des meilleurs stratégies anti-épidémiques, le Luxembourg fait figure de modèle à suivre. Avec 42,9% d’infections évitées, le dépistage à large échelle aurait permis au petit pays d’éviter une catastrophe sanitaire et économique majeure. C’est du moins ce que proclament de manière univoque la politique et leurs scientifiques.

Selon le langage militaire en vigueur, la Task Force scientifique gouvernementale aurait profité « de la formidable opportunité » de « tester progressivement l’ensemble de la population contre le nouveau coronavirus dans un laps de temps relativement court ».

Ainsi, une étude scientifique des spécialistes de la Task Force, parue en mai 2021, montrerait que le nombre des cas détectés n’a pas seulement pu être réduit de presque moitié, mais qu’il aurait, en cas de dépistage obligatoire, permis d’éviter 82,7 % des cas d’infection. Manifestement, la démocratie nuit gravement à la santé.

Qu’en est-il alors de cette science qui informe la politique sanitaire ? Une relecture critique de l’étude scientifique et de son contexte révèle une situation un peu plus enchevêtrée que ne le laissent entendre les défenseurs d’une politique basée sur les faits.   (Lire la suite … )