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Remarques sur les “faits” de la politique

Depuis le début de la pandémie, les discours politiques et médiatiques n’ont cessé d’affirmer que les lois et mesures anti-Covid « suivent la science ». Ainsi, la politique de santé et ce qui est fait en son nom serait régi par l’approche de la « politique fondée sur les preuves ».

Ces derniers mois, cependant, ces faits ont vacillé et changé. Certains de ces faits se sont également révélés faux. Ainsi, cette politique des faits paraît de plus en plus défectueuse et de moins en moins fondée sur les preuves dont elle se prétend. Malgré le caractère de plus en plus problématique de ses fondements, cette politique se poursuit sans aucun signe durable de ralentissement ou de changement de cap.

La question qui se pose alors est de savoir sur quoi repose une politique fondée sur des faits, quand ces faits viennent à changer ou à disparaître ?

Que ce soit sous la forme de faits scientifiques, rendus de plus en plus ingérables et opaques par l’explosion d’études, ou sous la forme de simples inventaires statistiques d’infections, de besoins en soins intensifs ou de décès : les politiques sanitaires semblent de plus en plus réduites à une logique immanente et fondées sur des procédures décisionnelles inintelligibles qui, grâce à un recours subtil à des contrats privés et au secret des affaires, contribuent surtout au bénéfice d’une gouvernance entrepreneuriale de l’État.   (Lire la suite … )

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Les petits arrangements d’un grand dépistage

Dans la compétition internationale des meilleurs stratégies anti-épidémiques, le Luxembourg fait figure de modèle à suivre. Avec 42,9% d’infections évitées, le dépistage à large échelle aurait permis au petit pays d’éviter une catastrophe sanitaire et économique majeure. C’est du moins ce que proclament de manière univoque la politique et leurs scientifiques.

Selon le langage militaire en vigueur, la Task Force scientifique gouvernementale aurait profité « de la formidable opportunité » de « tester progressivement l’ensemble de la population contre le nouveau coronavirus dans un laps de temps relativement court ».

Ainsi, une étude scientifique des spécialistes de la Task Force, parue en mai 2021, montrerait que le nombre des cas détectés n’a pas seulement pu être réduit de presque moitié, mais qu’il aurait, en cas de dépistage obligatoire, permis d’éviter 82,7 % des cas d’infection. Manifestement, la démocratie nuit gravement à la santé.

Qu’en est-il alors de cette science qui informe la politique sanitaire ? Une relecture critique de l’étude scientifique et de son contexte révèle une situation un peu plus enchevêtrée que ne le laissent entendre les défenseurs d’une politique basée sur les faits.   (Lire la suite … )